Une partie de chasse alcoolisée prend fin à l’arme blanche
Le 18 mars 2026, deux hommes ont été jugés par le Tribunal judiciaire de La Rochelle pour violences réciproques avec arme sur fond d’alcool. Bien que le drame ait été évité de justesse, cette altercation relance le débat sur la légitime défense.
“Copains de chasse et de beuveries”
À l’audience, le ministère public qualifie les deux trentenaires de “ copains de chasse et sans doute davantage de beuveries”. Les faits sont survenus dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026 à Marsais, commune frontalière des Deux-Sèvres, près de Surgères.
Tous deux présentent un casier judiciaire, sans être pour autant considérés comme des délinquants aguerris.
Une dispute sur fond d’alcool
Ce qui devait être une simple partie de chasse a rapidement dégénéré. Ce jour-là, les deux hommes passent la journée à chasser avant de consommer de l’alcool. Rapidement, une dispute éclate alors dans la voiture. L’un des deux hommes décide de rentrer chez lui à pied.
Malgré tout pendant plusieurs heures, ils continuent de s’invectiver par téléphone. Très vite, la situation échappe à tout contrôle. Le plus jeune d’entre-eux s’empare de son fusil et tire plusieurs coups de feu en l’air. Son interlocuteur inquiet pense alors que son compagnon a abattu l’un de ses chiens, disparu plus tôt dans la journée.
“Un de mes chiens s’était échappé.
J’ai cru qu’il avait tiré dessus.
Je regrette que l’on en soit arrivé là.
Il y avait de l’alcool des deux côtés”,
explique-t-il à la barre.
En pleine nuit, ce dernier se rend au domicile de son ami. Il l’empoigne violemment, lui assène un premier coup et le projette contre une baie vitrée ; elle se brise sous le choc. Malgré des coups répétés au visage, il parvient néanmoins à saisir une arme blanche posée sur la table de la cuisine, et assène à son assaillant six coups de couteau.
“Il était bien décidé à me tuer.
J’ai répondu à ses coups de poing qu’il me portait à la tête.
J’avais peur de lui”,
déclare l’auteur des coups de couteau.
Après avoir reçu 37 points de suture, l’homme se verra prescrire 27 jours d’ITT (Interruption Temporaire de Travail).
La légitime défense au cœur du débat
À l’audience, le ministère public qualifie les deux trentenaires de “ copains de chasse et sans doute davantage de beuveries”. Les faits sont survenus dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026 à Marsais, commune frontalière des Deux-Sèvres, près de Surgères.
Tous deux présentent un casier judiciaire, sans être pour autant considérés comme des délinquants aguerris.
Le ministère public ne mâche pas ses mots : « il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, on est passé près de la catastrophe ». Le procureur écarte la thèse de la légitime défense et requiert 12 mois de prison avec sursis probatoire contre les deux hommes, assortis d’un retrait du permis de chasse pendant cinq ans.
Mais la défense ne l’entend pas ainsi. L’avocat du prévenu ayant porté les coups de couteau plaide la légitime défense, estimant que son client n’a fait que réagir à une agression initiale.
Après en avoir délibéré, le tribunal suit cette argumentation. L’homme ayant utilisé le couteau est relaxé. En revanche, celui considéré comme à l’origine des premiers coups est condamné à 12 mois de prison avec sursis probatoire. Son permis de chasse est également suspendu pour une durée de cinq ans.
Une décision qui illustre toute la complexité des situations de violences réciproques, où la frontière entre agression et défense peut s’avérer particulièrement ténue.
Auteur de l’article : Yannick PICARD
Légitime défense : ce que dit le droit pénal
Conformément aux articles 122-5 et 122-6 du Code pénal, la légitime défense repose sur cinq conditions, réparties entre l’attaque et la défense.
L’attaque doit être injustifiée soit dépourvue de motif valable. La défense, quant à elle, doit protéger soi-même ou autrui, être immédiate, nécessaire (la riposte étant la seule option) et proportionnelle à la gravité de l’attaque.